jeudi 27 avril 2017

Du liberty pour ma mariée bohème

Mon amie Violette m'a confié la réalisation de son collier de mariée. Nous sommes sorties des conventions et des perles de nacre ou en swaroski pour aller vers un modèle avec une cage ronde. Alors pour la symbolique on l'a ouverte cette cage et puis on y a déposé un oiseau (était ce une colombe?)



Elle avait envie de liberty, pièce maîtresse de sa décoration de mariage et c'est sur son cou que s'est déposé un doux biais. J'ai ensuite utilisé une chaîne en laiton et un petite poignée d'apprêts émaillés pour rappeler les motif de son tissus. Pour donner un côté bohème aucune pièce n'est identique et les étoiles colorées s'en donnent à cœur joie.


Pour sa poupette de 3/4 ans le modèle a été un peu réduit mais dans le même esprit (on retrouve le collier de mariée et à sa droite celui de la poupette) 


dimanche 16 avril 2017

Son début de vie, de sa naissance à notre semaine d'adaptation ensemble.

Difficile de trouver le temps d'écrire mais le projet du blog collectif, "Parlons Adoption" m'a motivée pour vous conter les débuts de notre petit bout, de sa naissance à notre première semaine ensemble.

Notre petit garçon est né sous le secret dans notre département, c'est une bébé pupille de l'Etat jusqu'à son adoption plénière qui devrait intervenir environ un an après son arrivée.
Sur ses premiers jours, notre bébé a été pris en charge par la maternité dans un service spécifique Comme c'est souvent le cas, il est allé en néonatologie afin qu'une équipe soit dédiée à sa situation de naissance particulière. Le personnel ou la maternité (on ne sait pas précisément ), lui a offert son premier doudou et des bras pour le rassurer.

La puéricultrice référente de la pouponnière du département (service de l'ASE, Aide Sociale à l'Enfance, ce sigle est connu des futurs parents adoptifs ! ) est ensuite venue le chercher dans sa seconde semaine de vie. Il a intégré une petite unité de vie collective avec d'autres enfants de 0 à 2 ans placés en vue d'adoption ou dans le cadre de mesures de protection par le juge. La cohabitation a pu être bruyante,  ce qui aujourd'hui lui permet de dormir au milieu des sons de la vie quotidienne. Quant au voisinage avec ses jeunes camarades de chambrée aux lits les uns contre les autres, il lui a assurément apporté un côté sociable, car il sourit beaucoup et à la rencontre d'autres enfants, il tend spontanément la main.
D'un point de vue médical, la pédiatre de la pouponnière s'est occupée de petits problèmes assez courants, la digestion, les régurgitations... Il a eu des séances d'ostéopathie pour le relaxer, apaiser des tensions qui se focalisaient au niveau de son ventre et de sa tête. Le phénomène de la tête un peu déformée est fréquent chez les bébés alors toute l'équipe l'a stimulé pour qu'il se développe au mieux dans son corps et dans son éveil.

Notre bébé a été préparé à son adoption. Vers ses deux mois, une fois le délai de rétractation de la mère biologique écoulé,  la psychologue lui a expliqué qu'il allait avoir un papa et une maman. On nous a informé que vers cet âge, les enfants nés sous le secret se demandaient ce qu'il se passait et qu'il pouvait y avoir des moments de "déprime". Notre petit garçon a un peu traversé cela. Les professionnelles de la pouponnière lui ont apporté de l'affection, des câlins, de l'attention, pour qu'il soit en mesure d'avoir confiance en son avenir et qu'il s'éveille en fonction de son âge.
Après la décision du Conseil de Famille qui a fait de nous ses parents, la date de la rencontre a été décidée. Notre bébé a été installé dans une chambre pour lui tout seul, quelques nuits avant de nous rencontrer. Tout est parlé, même aux touts petits, alors la veille du Grand Jour, les auxiliaires de puériculture de son unité lui ont dit que demain, son papa et son maman seraient là. Il est noté dans son cahier de liaison que ces paroles l'ont  détendu et qu'il a bien dormi.


Le jour de la rencontre, quand on a passé la porte de sa chambre, il dormait. Je l'ai trouvé petit. Il avait l'air paisible. Sa référente a essayé de le réveiller : "Petit bébé, papa et maman sont là". Je crois avoir eu son premier regard, interrogatif et ensuite il s'est étiré et a souri. J'étais émue et un peu béate. Nous avons ensuite profité d'une heure de sourires de sa part, C'était magique. Je m'attendais à quelque chose de pas évident pour lui , c'était donc le contraire, le rêve! Le Man' est ressorti de la pouponnière littéralement "groggy de bonheur", ayant du mal à marcher droit, titubant un peu. Il a eu un coup de foudre pour notre petit garçon. Moi ce jour là, j'ai profité sans toutefois arriver à réaliser que c'était notre bébé.

La rencontre était médiatisée. Notre bébé était en présence de sa puericulture réferente. C'est elle qui a fait les présentations. Notre petit avait besoin de la savoir proche de lui, Sur les premiers jours, au son de sa voix, il s'apaisait. Lors de ce "1er jour du reste de notre vie", nous étions aussi en présence de la psychologue de la pouponnière et de notre travailleur social .Elles se sont faites très discrètes si bien que ce moment paraît dans notre souvenir intime, alors que nous étions très entourés.

L'adaptation à la pouponnière a duré une semaine pour apprendre à connaitre les habitudes de notre petit, le prendre en charge dans les soins, faire le relais entre sa référente et nous. Les premiers changements de couches nous ont occasionné "des fou rires de baleines". Le premier tee shirt à passer par la tête a été une grande source de stress (on a ensuite vénéré les tee shirt à ouverture par pression dans le dos et les bodys ouverts sur le devant ) Bébé a bu la tasse au premier bain mais à chaque fois il est resté mignon et patient envers ses parents débutants.  
Cette première semaine ensemble a été celle de la découverte de notre petit garçon et de la transition entre deux univers, celui de la pouponnière et chez nous. Nous avons été conseillés, épaulés par sa référente qui au fil des jours s'est éclipsée pour nous laisser notre place de parents.

Le troisième jour, j'ai assisté à la naissance d'un papa. Lors du premier biberon que le Man' a donné, notre petit garçon avec ses grands yeux, a eu un regard si intense et pur, plein d'innocence et sûrement d'attentes, que le Man' en a pleuré. C'était émouvant d'assister a la création du lien entre eux deux. Cette journée a d'ailleurs continué dans la complicité puisqu'un bisous sur la tête quelques heures après, a fait s'illuminer d'un sourire le visage de notre bébé.

Le week-end arrivant, notre petit chaton (ce sera son surnom) a découvert sa maison. Le soir on l'a ramené à la pouponnière pour qu'il y passe sa nuit. Je l'ai laissé dans l'idée de le retrouver le lendemain et pour toute la vie tandis que le Man' avait un peu le cafard. Le lendemain, nous étions quand même très impatients et prêts aux aurores pour le ramener chez nous/chez lui. Il a retrouvé dans sa nouvelle chambre des éléments familiers, ses doudous offerts par la maternité et la pouponnière , la petite musique qui l'endormait et ses habits en taille 3 mois. Son nouveau lit lui a de suite plu puisqu'il y a dormi paisiblement pour sa première nuit  jusqu'à 8 heures du matin. Quand on a un bébé, cet horaire peut rendre jaloux d'autres parents. N'écoutant que notre plaisir et nos envies, au réveil, on s'est délecté d'un petit cododo de quelques dizaines de minutes ,avant de retourner une dernière fois à la pouponnière pour les " au revoir" . Cela n'a pas tardé, sa référente a dit "qu'il était passé à une autre vie avec son papa et sa maman". Elle lui a écrit un mot dans le cahier de liaison que nous utilisions pour transmettre des informations. Elle lui a dit "au revoir " en lui souhaitant un bel avenir auprès de nous et nous a remis un album photos. Celui-ci peut ensuite être utilisé comme support pour raconter son histoire à notre enfant. Emouvant de lire les petites annotations et commentaires. Ils montrent toute la chaleur humaine qui lui a été apportée.

Aujourd'hui quand je le vois aussi épanoui, heureux, je me dis que cet état de sérénité a commencé par cette équipe qui s'est très bien occupée de lui.

mardi 14 mars 2017

Endométriose en 2017, l'origine de la maladie encore méconnue

Chaque année, au mois de mars, je rédige mon petit article pour parler de ma maladie, l'endométriose. Cette maladie a en effet sa semaine dédiée et sa marche, l'endomarch à Paris pour qu'on parle d'elle. Les associations de patientes se mobilisent pour en appeler aux pouvoirs public et la faire sortir de l'ombre. L'endométriose n'est pas une maladie rare, elle touche 1 femme sur 10.

Pour rappel , le problème dans l'endométriose, c'est que les cellules de l'endomètre se déplacent hors de leur espace dédié. La migration des cellules d'endométriose fait saigner différentes parties du corps, créé des adhérences entre les organes, des kystes ou des nodules.  L'endométriose s'étend le plus souvent dans la partie pelvienne et colorectale. Les organes attaqués souffrent et nous avec. La partie du corps touchée devient peu mobile. Si la maladie est à proximité d'un nerf , elle est par exemple source de fortes douleurs. Lors des des cycles menstruels, l'endométriose provoque des crampes, des contractions et peut empêcher le déroulé d'une vie normale. Au regard de leur intensité, les douleurs peuvent mener jusqu'à l'évanouissement, à des consultations en centre anti-douleurs. La chirurgie fait souvent partie du parcours des femmes touchées par l'endométriose mais elle n'est pas toujours indiquée car il faut enlever toutes les cellules malades. L'une des façons de ne plus souffrir peut être de prendre un moyen de contraception arrêtant les cyles seulement, quand on est une jeune femme, cela est incompatible avec les projets d'enfants . L'endométriose s'attaque aux organes de la reproduction féminine. Les grossesses naturelles existent mais l 'une des conséquences de cette maladie est l'infertilité. C'est sur ce point que l'endométriose a gagné sur moi, malgré le recours à la PMA, les FIV ICSI et les FIV avec don d'ovocytes.

Aujourd'hui, je me dis que c'est un peu grâce à elle que je suis maman depuis quelques mois d'un adorable petit garçon arrivé par adoption. Nos deux histoires de vie issues d'un renoncement, nous d'un enfant biologique et lui d'une dame qui a choisi de le faire naître sous le secret, se sont rencontrées pour notre plus grand bonheur à tous les trois. Nous sommes à jamais liés.

Si l'endométriose a toujours des origines méconnues, ayant vécu dans un département utilisant en masse les pesticides, je me pose des questions de santé publique sur son arrivée en moi. Personne dans ma famille n'a eu ce souci. Je suis le gentil (pas le vilain ) petit canard chez qui elle s'est logée.
Toujours est-il que ne faisant pas (ou plus) confiance aux industriels et /ou lobbys , en 2016, j'étais passée aux serviettes hygiéniques bio et lavables , la présence de dioxine ayant été révélée dans certaines marques de jetables.

Depuis que je suis maman, je fais la chasse aux perturbateurs endocriniens et aux substances cancérigènes dans les produits d'hygiène (lessive, lingettes, shampoing, déodorant, crème solaire ... la liste est longue ). Bébé porte des couches bios. Je ne me sentais pas capable de me lancer dans les couches lavables et alors la lessive, c'est une horreur en en terme de composition chimique ! J'ai été effarée par l'article de "60 millions de consommateurs" sur le contenu des couches bébé et sur l'enquête de "UFC que choisir" sur les produits cosmétiques.
Pour tenter de permettre à notre bébé et à toute la famille de ne pas ingérer des substances nocives, j'ai radié de ma liste de courses les contenants suivants : phenoxethanol, paraben, methylisothiazolinome, cyclotetrasiloxane, ethylhexyl methoxycinnamate. Ce sont des perturbateurs endocriniens énormément présents. Au supermarché ça fait lire les étiquettes et prend un peu plus de temps mais c'est pour notre bien à tous.

Bien entendu, notre petit chaton n'est pas candidat à l'endométriose mais je me dis qu'il faut rester vigilant sur ces questions et changer nos habitudes de consommation, ne serait ce qu'au titre du principe de précaution. Comme nous l'avait dit un grand professeur parisien, avec cette maladie il y a des attitudes à adopter. J'ai rajouté celle-ci à la liste qu'il nous avait donnée : tenter de manger bio, limiter les aliments qui se transforment en œstrogène comme le soja , limiter la caféine et la théine.

mardi 27 décembre 2016

Les larmes de joie

Finalement les larmes de joie sont arrivées et sont même revenues.
Je réalise encore plus que je suis sa maman quand nous sommes tout près, en train de nous regarder à quelques centimètres, la tête tournée l'un vers l'autre, allongés sur le dos.

C'était donc, ces premières larmes de joie, lors de mon cours de yoga. Je suis allée aux séances de yoga pré et postnatal. Pour moi c'était post arrivée de notre petit garçon. On l'a installé dans le tapis d'à côté avec quelques jouets et j'étais à 5 cm de lui. Au moment de la relaxation, je l'entendais gazouiller, babiller, je le devinais en train de me regarder avec ses grands yeux.
La relaxation c'est un moment de lâcher prise et instantanément, des larmes se sont mises à couler sur mes joues car ce bébé tant attendu est enfin là, là avec nous, là avec moi . C'est magnifique ce qui nous est arrivé à tous les 3! Ce lien d'attachement, il est si fort après peu de temps de vie commune!

Je vois que notre petit garçon s'ouvre encore plus chaque jour. On l'a toujours trouvé souriant, sociable, mais maintenant il se colle à nous, fait des câlins. Les premières semaines de vie à la maison, sa petite tête se logeait en fin de "biberon du soir" dans le creux de mon bras. Maintenant il cale son bras sur notre épaule et pose sa tête dessus.

Cette parentalité est une énorme chance.

mardi 6 décembre 2016

Sa première image, sa photo

La semaine d'après l'Appel m'a permis de cheminer vers mon bébé.

Dans mon imaginaire, la présentation de la photo, c'était le moment de la révélation, de la prise de conscience. Cet instant, je l'avais idéalisé et en fait je n'ai rien ressenti de particulier. 

On nous a dit qu'on était parent d'un petit garçon de 3 mois puis le Man' a ouvert l'enveloppe et on a vu sa bouille. Il était photographié dans un transat . J'ai vu un bébé à la peau caramel et un peu inquiet. Dans les lignes grattées par la pouponnière il était décrit comme anxieux. J'ai pensé qu'en tant que parents, nous avions à le rassurer, le protéger et que cela passerait par du temps à trois. Par contre, j'ai énormément culpabilisé de ne pas avoir eu cette journée là , un fort élan d'amour vers lui. Le Man' commençait à voyager émotionnellement vers notre bébé et moi je me sentais encore un peu anesthésiée par l'annonce de son arrivée.

De retour au travail la photo que j'avais envoyée par texto avait fait son effet "Oh il est trop mignon", "Il a un joli petit nez", "Ce regard, ses grands yeux ! ". "Oh cette petite bouche ourlée ". Ces détails je ne les avais pas remarqués et après tant d'années d'attente, à l'aube de ma maternité j'étais un peu spectatrice des prémices de l'adoption de notre petit garçon. 
Il est un peu métissé et tout le monde y allait de ses similitudes comme "Oh, c'est un petit gars de chez nous". A travers les discussions, on lui a approprié des traits maghrébins, africains ou encore des Antilles ou de Madagascar. Au milieu de tout ça, je me sentais dans un énorme flou alors que la décoration de mon bureau personnalisé par les collègues (ballons colorées, serpentins et lettres "BEBE") ne le signifiait pas extérieurement.

J'ai commencé à parler avec un peu de honte de ce flottement à mes amies et collègues mamans. Toutes ont eu des paroles bienveillantes et m'ont rassurée. Les professionnels de l'ASE ont eu la même attitude. Finalement, une photo, un bout de papier, c'est assez froid pour se rencontrer. 
Le parallèle avec le début d'une histoire d'amour ou d'amitié m'a fait relativiser au sein de mon esprit tourmenté. Une rencontre, ce n'est pas toujours un coup de foudre, ça se construit par des liens d'attachement progressif. Quand je suis tombée amoureuse du Man', je ne me suis pas tout d'un coup mise à pleurer de joie ! Notre histoire à deux s'est construite au fil du temps et ce sera aussi le cas de celle à 3. J'ai déjà eu des larmes de bonheur mais je crois ne jamais avoir pleuré de joie. Pourtant je m'étais mise la pression de vivre cela à l'arrivée de notre bébé! je me mets la barre un peu haute parfois ;-)

En savoir plus du côté des origines ethniques du père biologique m'a permis de clarifier l'identité ethnique de mon bébé et de me situer comme sa maman. Ça a été un moment d'apaisement.
Lui donner ensuite son prénom a été l'un des nos premiers gestes de parents. Enfin, on pouvait parler de lui en nous projetant en tant que famille.

Sans trop en dire, aujourd'hui, j'ai l'impression d'être maman depuis des mois. L'arrivée de notre petit garçon est une évidence et tout me semble naturel. J'ai deux amours et deux hommes dans ma vie. Je suis comblée et profite de chaque moment.

mercredi 2 novembre 2016

Il est où le bonheur, il est là

Explosion de joie !
Vague d'adrénaline !
Quasi évanouissement de bonheur !
Le Grand Jour est arrivé, on nous a appelés !
Mon téléphone portable a sonné alors que j'étais en plein milieu du couloir à mon travail, à la sortie d'une réunion. J'ai très vite compris que c'était l'Appel, que j'étais maman d'un bébé entre 3 et 4 mois. Je suis rentrée dans le bureau de mes collègues, c'était le plus proche, et là, soudainement, une vague énorme d'adrénaline- endorphine, m'a transportée. Heureusement, il y avait une chaise pas trop loin histoire de tenter de me garder les pieds sur terre. J'ai sentie au fond de moi-même et à travers les yeux de ma collègue, qui a assisté à ce moment que je qualifierais "d'accouchement émotionnel", que je devenais maman . J'ai vraiment failli m'évanouir de bonheur tellement mes émotions étaient intenses. J'ai eu des sanglots de joie. Je tremblais de tout mon corps incapable de parler. Il a fallu que je me concentre pour respirer. Au bout du fil, la personne s'est un peu inquiétée : "Ca va Madame?" J'ai réussi à souffler 5 mots :  "Oui, je suis si heureuse!"


Les yeux mouillés, j'ai serré fort ma collègue et notre stagiaire qui était dans la pièce. On s'est fait un énorme câlin. Je leur ai dit "C'est vrai, cette fois c'est pas un rêve hein?" (de vous l'écrire, j'ai des frissons). C'est vrai"? Elle m'ont répondu "C'est vrai, oui, oui, tu es maman".
Après plusieurs minutes pour reprendre mes esprits et arriver à tenter de tenir debout, j'ai appelé le Man' qui lui était en voiture . Il m'a quand même répondu "C'est pas une blague, c'est vrai, on est parents?". Après des années d'attente, la réalité du bonheur qui frappe à la porte est difficile à enregistrer intellectuellement je crois.
Là, les scénarios imaginés de la soirée du jour de l'appel : acheter des chaussettes ou un body "papa", l'inviter au restaurant etc .. sont tombés à l'eau. Le déroulé de notre soirée est devenu un flou total car ce n'était pas le jour idéal pour "fêter" ça. Le Man' avait sa soirée annuelle du travail, il était sensé rentrer vers minuit. Autant dire que de mon côté, prendre le bus et me retrouver à la maison toute seule, c'était quand même pas fun pour un tel événement. Il fallait quand même célébrer l'arrivée de notre bébé !

De fil en aiguille, nous trinquons à la terrasse d'un bar , cachaças en main (enfin, une chacune, on reste raisonable) avec ma collègue. C'est un moment de petite plénitude.On fait des selfis, sourires radieux pour immortaliser cette annonce. Je me retrouve ensuite ensuite chez une autre de mes amies logeant à côté de notre lieu de "happy hour". Elle rentrait du travail quand nous partions. On mange ensemble et on discute de ce bébé qui reste imaginaire puisque le département ne nous a donné aucune information. . Je lui dit "Tiens il va falloir que j'achète une girafe Sophie" . Hop, elle m'en sors une emballée. C'est une soirée au déroulé inattendu et improvisé mais tous les détails sont quand même là! Je suis contente de partager ma joie de cette façon. 
Elle explique à ses enfants de 5/6 ans ce qu'il se passe. Son petit garçon dit "C'est super" et quelques instants après "Dis maman, on peut avoir un chat"? C'est assez rigolo.

22 h, je retrouve enfin le Man' à la sortie de sa présentation annuelle qui, hasard des choses, avait lieu sur la même place que sa demande en mariage. C'est un beau souvenir. On finit presque la soirée de façon romantique finalement.

Il est tard mais j'ai envie d'aller voir ma maman, de faire 15 km de voiture pour lui annoncer qu'elle est mamie. Je l'appelle donc au téléphone pour éviter qu'elle ait peur quand nous allons sonner un peu plus tard chez elle. Je lui parle de tout, de rien, hausse le ton dès que le Man' met un clignotant. 22h45, on sonne. Elle a eu peur (quand même) mais bon, nous voilà devant la porte avec la girafe Sophie qu'on fait couiner pour lui signifier que nous sommes parents. Pour nous tous,  tout cela a du mal à être réel. On est heureux, on boit le café et on parle de la parentalité. Elle nous offre le sac à langer que je lui avais demandé au printemps dernier puis le doudou qu'elle a cousu.

La nuit suivante, mon "insomnie de bonheur" me montre que tout de même, quelque chose est différent. J'envoie un mail à 5 h du matin à mes collègues car il était tard et beaucoup étaient partis lorsque j'ai reçu l'Appel. Ne travaillant le lendemain, j'avais envie de leur faire l'annonce de ma maternité de façon personnelle.
On a dormi avec nos 7 doudous cette nuit là pour que notre petit retrouve notre odeur au fil de la semaine d'adaptation. 

On est parent!

lundi 3 octobre 2016

En Emubullition

Je suis en émubullition, c'est un néologisme:-)

Je suis émue car notre couple d'amis positionnés avant nous dans la liste dite "d'attente des bébés pupille" vient d'être appelé. Ils sont devenus parents. J'ai réalisé que ce changement de statut ne se passait pas en 10 jours (le délai approximatif entre l'appel et la rencontre) mais en 3/4 jours. 
Dès la présentation de l'enfant par photo, on passe de l'imaginaire au concret. On le voit, il est là devant nous avec des bribes de son histoire, de ses premiers jours à la maternité puis ses 2/3 premiers mois passés en famille d’accueil ou en pouponnière. C'est finalement à ce moment où, ça y est, on devient responsable pour la vie de ce bébé qui nous est confié. 
Je suis en ébullition car je sens que ça bouillonne en moi l'envie d’être maman. Les bulles je les perçois dans le ventre, plutôt des bulles de bonheur. Symboliquement aussi, la fin de l'attente est proche,"ça chauffe". J'ai même les joues qui pétillent car nous arrivons à une période de changements de vie.

Le prénom garçon est toujours en suspend, il ne fait pas notre unanimité, il manque le petit plus, le coup de cœur. Un de mes rêves est venu me souffler celui pour un petit blond aux yeux bleus, c'est déjà une idée. Le prénom de la petite fille se confirme lui de jour en jour.

J'ai des préoccupations de future maman. La thématique "Comment couvrir son bébé en hiver pour des balades en porte bébé ou écharpe" m'a occupée toute une après midi. J'en suis venue à la solution suivante : acheter une couverture de portage (et même personnalisée avec une chouette pour rappel de mes créations). Je viens aussi d'acheter un nouveau manteau tout doux pour que notre bébé soit confortablement installé durant les balades. La projection vers la parentalité est vraiment forte.  Avec toutes les précautions que l'on connaît dans le chemin de l'adoption il m'est aujourd'hui difficile de me raisonner et de canaliser ma joie. 

Me voilà en émubullition.

samedi 23 juillet 2016

J'ai vidé mon pochon de larmes

Je suis tellement déçue qu'on n'ait pas été appelé à l'été! L'espoir nous avait été impulsé il y a plus d'un an pour se figurer que nous pourrions être parents au premier trimestre de 2016 et il se trouve déçu.

Nous avons réalisé la chambre bébé depuis 9 mois et pour la première fois, j'ai ressenti le manque en y entrant alors que dans notre parcours d'adoption, elle a toujours symbolisé l'avenir. Cette pièce a longtemps était celle en attente, en bazar, puis elle a été investie en chambre d'amis une fois le deuil de l'enfant biologique passé. Quelques années après, elle est devenue celle pour le futur bébé mais comme nous allons déménager, son sens vient de s'estomper. Je ne sais même pas si notre enfant la connaîtra (la remplira). Émotionnellement sensible, suite à ma journée de travail de jeudi, l'idée a contribué a y vider mon pochon de larmes (c'est quand même moins lourd qu'un sac).

Je crois que le trop plein s'est manifesté car même dans mes estimations les plus longues, l'attente de l'Appel n'allait pas aussi loin. J'ai maintenant complété mon calendrier professionnel jusqu'à fin octobre. J'avais déposé des petits chaussons en laine au bureau, je vais les ramener à la maison. J'avais plaqué une affiche de bébé à côté de mon poste de travail, je l'ai arrachée.



Au travail, je temporisais la prise des dossiers à traiter à moyen terme, maintenant, je ne dis plus grand chose car je suis moi-même dans le doute. Une collègue m'a blessée avec une phrase que j'ai trouvé injuste et déplacée : "Écoutes on ne va pas faire en fonction de ton adoption. Ça fait deux ans que tu nous dis que tu vas bientôt être maman maintenant et c'est pas le cas !" (vive la réunion de service!) Ses mots, je les ai trouvés profondément piquants. Assez sidérée, j'ai osé une petite montée sur mes ergots du style: "Écoutes ce que tu dis est inexact mais en effet, ça fait 6 mois que je pense devenir maman". Je ne lui ai pas dit combien elle m'avait fait mal ce jour là. Elle n'a pas idée de ce qu'est attendre un enfant aussi longtemps et sur une durée indéterminée. J'ai en effet réalisé qu'on a comptabilisé presque autant de temps en PMA qu'en démarche d'adoption. 

Malgré le ton de l'article de ce jour, l'adoption faite de rencontres avec d'autres couples, une solidarité, ponctuée par des rendez-vous à l'ASE permettant de se projeter, a été une fois l'agrément passé, une route agréable. Il n'y aura quasiment rien à en évacuer en terme de tristesse. 

Hier, mon pochon de larmes est d'ailleurs redevenu sec avec les paroles apaisantes d'autres collègues. Je me suis ré ancrée dans le présent et tournée (un peu) vers l'avenir. J'ai fait les soldes enfants en achetant trois habits mixtes et mi saison, en taille 12 mois. Ils pourront servir en tout temps sauf en hiver comme cela, je prévois large pour une arrivée en 2016 (si je pouvais je croiserais les doigts en l'écrivant).

lundi 27 juin 2016

La face 1 de notre Bai Jia Bei

Mon amie Marie a cousu la première face de la Bai Jia Bei. Elle y a passé 3 heures. De mon côté j'ai pris 14 heures je crois pour réfléchir aux emplacements des coupons.
Trouver des similitudes ou au contraire opposer, moduler les couleurs et matières des deux côtés, cela a été un sacré casse tête.

Chaque face a un morceau de bavoir, de pyjama, de drap ou couverture bébé, de tissus d'un bout du monde.

Voici un aperçu de notre face 1 (la première ligne n'apparaît pas sur la photo) . Certain(e)s vont s'y retrouver. 


jeudi 2 juin 2016

La météo des "Attrapes Chouettes"

J'ai trouvé (au mois de juin ! ) des chauffes mains en laine très sympas pour faire ma première photo où la grosse chouette veille sur la plus petite.


Le temps est froid, pluvieux, mais comme vous les "Attrapes Chouettes" attendent le printemps, l'envol des grues (et nous celui des cigognes).


Les mois d'été vont-il amener le Soleil tant espéré?

mardi 24 mai 2016

Parure de mariée "Fleur de feuilles"

Mon amie Caroline a ouvert la saison des mariages en ce mois de mai. S'étant blessée suite à une chute, elle a dû changer d'accessoires, passant de chaussures à talon rose bonbon à des ballerines couleur "nude" et un bouquet plus orienté vers du corail. Avec un temps de réaction, les perles du collier se sont donc ajustées aux nouveaux coloris.

Mariée champêtre avec ses œillets d'inde, ses pivoines et ses petites roses dans les cheveux, Caroline a trouvé dans ses bijoux, des feuilles et des dahlias montés sur une chaîne en argent. Le nom "Fleur de feuilles" est lié à la création en collage de la fleur à trois pétales. Pas de strass brillant, elle a opté pour du mat. 
La photo du bas est avant montage.



mardi 8 mars 2016

Mars, mois de mobilisation pour la lutte contre l'endométriose

Le petit lien éphémère (car c'est du replay), c'est le reportage de 50 minutes 'Endométriose, une maladie qui sort de l'ombre". Vous le trouvez sur le site de France 5. Mon mur Facebook d'hier et d'aujourd'hui sursaute à force de partager cette information. Si vous êtes passés à côté, c'est ici : 

Pour apporter mon "petit" témoignage en cette année 2016, voici quelques lignes : 
Nous avons toutes eu un retard de diagnostic et de grosses douleurs qualifiées de "normales". Je crois que ma première crise a eu lieu à 21 ans soit 7 ans avant le diagnostic. C'était un matin, à crier de douleur dans notre petit appartement, accroupie, épuisée, sur le carrelage en tomette. Je me rappelle des vagues de chaleur et des sensations froides, signes d'un proche évanouissement. Alors étudiante, je n'avais pas pu me rendre sur mon lieu de stage. Longtemps, j'ai pensé à une fausse couche mais aujourd'hui, je suis persuadée qu'il s'agissait de mes premiers symptômes.

Cette maladie ne m'a pas permis de porter dans mon corps, l'enfant de notre couple. C'est ma fertilité et mon moral que l'endométriose a attaqués. La fertilité ne reviendra pas, le moral lui est là et s'exprime à travers ma vie de famille et de femme, tournée vers l'avenir. 

Je sous sous pilule en continu pour bloquer tout cycle (en fait ce n'est pas très original vu le reportage) mais ses effets secondaires interfèrent dans mon quotidien. Je les accepte car ce traitement m'évite de souffrir, et avec un stade 3, c'est déjà un grand pas. Cependant, j'aimerais retrouver un peu plus de confort.

En ce moment (j'ai une atteinte pelvienne et gynécologique), mon bas ventre me brûle. Je me renseigne donc sur les médecines possibles pour me soulager sur les prochaines années.
En première intention et je vais l'organiser pour 2017, j'ai envisagé sur la fin de mon congé parental (oui pour rappel j'espère devenir maman par adoption en 2016), une cure dans un centre spécialisé. Il en existe 5 en France, http://www.endofrance.org/les-cures-thermales-gynecologiques/ . La demande se fait via le médecin traitant (ou peut être la gynécologue) avec une demande d'entente préalable auprès de la sécurité sociale. 
En deuxième intention, je viens de découvrir à travers ce documentaire, que le CHU de Rouen n'enlève plus les ovaires en même temps que les kystes mais utilise une technologie conservatrice, "l'énergie plasma". Cela disent t-ils "éviterait de mutiler les organes, limiter les séquelles et les récidives". Avec mon utérus tapissé d'endométriose, je me suis donc rajoutée un contact avec eux pour ma check list de 2017. 

Alors qu'on m'avait expliqué que l'endométriose était une maladie "incurable et imprévisible", j'aperçois des rayons de soleil à travers l'avancée des recherches, que ce soit pour comprendre, prévenir et peut être ralentir la maladie. C'est plutôt inattendu ... l'endométriose pourrait peut être se guérir un jour! Je n'y avais jamais songé et c'est de l'espoir pour les générations futures.

Les associations Endofrance et BAMP dont je suis adhérente  tout comme Endomind que je ne connaissais pas, font sortir ma maladie de l'ombre. Le grand rassemblement du mois, c'est l'Endomarch (marche pour la lutte contre l'endométriose) qui a lieu cette année, le 19 mars à Paris. Faute de pouvoir m'y rendre, une de mes amies va fouler la rue pour me représenter. J'en suis très touchée et émue. De mon côté, je vais tenter de finir ma semaine avec une veste jaune (couleur symbolique de la lutte contre l'endométriose ) où sera épinglé un ruban rose à destination de l''une de mes jeunes collègues qui a engagé un tout autre combat.

jeudi 25 février 2016

Délais

Il y a quelques semaines, nous étions sur les startings blocks, pensant que l'arrivée de notre bébé était vraiment proche, mais comme souvent dans l'adoption, il y a de l'inattendu. Là, c'est le peu de naissances sous x dans le département. Après un petit coup de cafard, on a largement relativisé et on espère que notre bébé arrivera avant les vacances d'été.

Soyons clairs, j'avais mes petits bonnets tricotés en laine, ma seule combinaison pilote était en 3-6 mois. Nous, la pluie et le froid, on avait prévu de les défier. L'hiver et le printemps c'étaient nos saisons pour accueillir notre enfant. On oscillait entre impatience et excitation surtout quand le Man' a dit "Et s'il arrive dans 10 jours, il faut finir le lit". Gros coup de pression contagieux, tous les soirs, en rentrant du travail, c'était atelier bricolage dans la chambre bébé.

En apprenant les "délais" qu'on ne voulait pas s'imaginer, on a retrouvé notre rythme de vie habituel. C'est une drôle de sensation de se sentir si prêt/ près et finalement être encore loin. Finalement la vie n'a pas encore changé. On va donc se laisser surprendre quand l'Appel arrivera. L'été serait aussi une belle saison pour l'arrivée de notre enfant. A nous de profiter des balades en porte bébé, le visage réchauffé par le soleil.


Au travail depuis que nous avions annoncé notre démarche d'adoption, je répondais régulièrement à la phrase "Alors, tu as eu des nouvelles ?". J'avais beau expliquer à une collègue très attentionnée, qu'on ne saurait que 10 jours avant que nous étions choisis comme parents d'un enfant, rien n'y faisait, la semaine suivante la question ré apparaissait. Là j'ai pu dire "C'est décalé de plusieurs mois" et en entendant "Bon alors je ne t'embête plus à te poser la question", j'ai eu un geste de satisfaction (un petit "yes" avec un geste du bras, style conquérante). Cette redondance devenait pesante pour moi, moralement dans une attente que je trouvais interminable. Vraiment, quant on sent que c'est bientôt, qu'on attend l'Appel, qu'on sait qu'il est possible, les journées sont longues. Là, paradoxalement elles sont revenues normales car perçoit que plusieurs mois vont s'écouler.

Symboliquement, mon agenda professionnel rempli jusqu'à fin mars s'est vu prolongé jusqu'à fin juin. Je ne dis plus trop aux partenaires extérieurs qu'il est possible que je sois absente dans les mois à venir, puisque rien n'est tangible. Bon, il faudrait quand même que l'on soit maudit pour qu'il y ait très peu de naissances sous x cette année. J'ai regardé les derniers chiffres de l'ONED (l'observatoire nationale sur l'enfance en danger - oui à la base quand même l'adoption est une mesure de protection de l'enfance) sur "La situation des pupilles de l'Etat"et le nombre d'adoptions est assez stable. 

Pour les vacances de cet été, prévoir quelque chose est compliqué. On sera combien, 2 ou 3 ? Si on était sûr d'être 2, nous aurions visité une ville européenne. Avec un bébé pupille qui officiellement est confié en vue d'adoption et n'a pas de papier d'état civil avec notre nom de famille, la sortie du territoire est prohibée alors ce sera la France avec l'option "assurance annulation".

dimanche 10 janvier 2016

2016, année espérée de notre parentalité

C'est les yeux mouillés dans ceux de mon Man' et de mes ami(e)s qui me comprenaient, que j'ai débuté l'année 2016. 
L'année 2016 c'est celle tant attendue de ma maternité, de notre parentalité. A minuit, j'étais émue de cette promesse.
L'année 2016 ne nous réserve pas que du bonheur mais c'est à ce bébé tout proche que j'ai pensé si fort.
Bonne année 2016 à tous et que certains de vos rêves se réalisent.

dimanche 27 décembre 2015

Bai Jia Bei ... et 100

Et voici les derniers coupons!

L'aventure bai jia bei a quasi duré 3 ans à recevoir vos petits mots de réconfort , de projection sur l'avenir avec notre enfant . Nous avons réceptionné le 100 ième coupon hier et depuis ce matin je les redimensionne. Merci pour votre participation a cette création symbolique qui a égrainé l'attente .



Pour certains qui n'ont pas eu le temps ou qui n'ont pas réussi a se projeter vers ce bébé encore inconnu pour tous , on espère vous annoncer au premier trimestre 2016 son arrivée.


Edit de 19h : Apparemment nous avons des coupons retardataires après clôture, donc on est sur 103 coupons.

La rétro et l'actu de l'aventure Bai Jia Bei, c'est ici.